Psychology

Hashtag : Dépression

Les réseaux sociaux font partie de notre petit déjeuner, de notre routine matinale, de notre armoire, de nos chemins en voiture, de nos rendez-vous, nos vies amoureuses, nos préparations, nos voyages, nos déjeuners, nos activités, nos desserts, nos dîners, nos toilettes même … et la liste peut continuer. Snapchat, Instagram, Facebook et Whatsapp permettent l’affichage des “stories” ou des publications de nos activités quotidiennes; certaines restent publiées et d’autres n’apparaîtront aux autres que pour vingt-quatre heures. Ceci n’est pas une nouveauté et jusqu’ici cet article apporte du déjà connu. Néanmoins, ce qui commence à devenir sujet d’exploration réside au niveau de l’effet sous-jacent que développe cette habitude de “scrolling” sur ces réseaux : la dépression.

On a tous, une fois au moins, vu les stories d’un de nos amis sur Instagram affichant ses vacances en voyage : ce qu’il a mangé, la localisation du fameux restaurant dans lequel il a déjeuné, sa selfie devant un monument qu’on n’identifie pas mais puisque c’est en Italie ou Chypre donc ça paraît original, sa chambre avec le tag de l’hôtel pour qu’on puisse cliquer dessus et voir à quel point il est de luxe, les achats qu’il a apporté montrant les noms des marques sur les sacs, sans oublier les photos qu’il a postées sur Facebook qui apparaissent chaque jour sur le wall depuis son départ en voyage tellement il reçoit des likes, et qui peut-être ont dû prendre du voyage tout ce qui reste comme temps pour qu’il additionne les filtres, ajoute de la lumière, efface l’étranger qui se balade derrière lui et pour régler le contrast.

Qui parmi nous n’est pas abonné à un ou une des « Influencers », personnes dont le métier, l’obsession ou la passion réside dans le fait de poster chaque jour une photo d’eux-mêmes avec des tags à n’en plus finir pour indiquer chaque item de leur look de quelle « Brand » elle l’ont achetées.

On a tous passé un dimanche à la maison en se rendant compte, à travers Facebook, qu’une de nos collègues est en « roadtrip » avec un groupe et ils s’amusent bien puisque ses stories le prouve : de la musique, des filles qui crient de joie et des garçons en lunettes solaires.

Regardant ces aventures qui semblent très amusantes et ce bonheur qui semble réel, il est très probable que des pensées immédiates nous arrivent nous dictant qu’il fallait que nous sortions de la maison, qu’on s’amuse nous aussi et qu’on prouve d’une certaine façon à quel point on profite de notre dimanche et par la suite de la vie. Ces pensées-là paraissent être à la base du développement d’une forme de frustration, voire dépression, par l’intermédiaire d’une comparaison qui soit consciente ou inconsciente.

Quand on perçoit cette réalité qui n’est en fait qu’une petite partie de ce qui est propre au réel et parfois ne lui est qu’une déformation, on a tendance à comparer ce qu’on observe avec notre réalité à nous. Et c’est cette comparaison qui nous piège puisqu’elle nous étiquette dans un cadre d’infériorité, de non suffisance, de non productivité, d’incapacité ou d’échec et positionne les amis ou les « Influencers » dans un cadre de réussite, de bonheur, ou d’une meilleure qualité de vie. En effet, nos pensées s’influençent peu à peu pour devenir irrationnelles envers nous-mêmes ainsi qu’envers les autres ; ces genres de pensées étant à la base de la dépression. Cependant, le lien réseaux sociaux – dépression n’est pas assez direct et n’est pas à généraliser non plus, mais la probabilité y existe, pouvant considérer l’influence des réseaux sociaux un facteur probable de déclenchement ou d’aggravation d’une dépression proprement dite.

Il faut noter, les réseaux sociaux en eux-mêmes ne sont pas la cause de la dépression puisque cette plateforme est en fait potentielle de bénéfices positifs et puisque ses effets ne paraissent pas être identiques chez tous les utilisateurs ;
La comparaison en elle-même n’est pas non plus la cause directe de la qualité de notre état d’âme parce que la comparaison avec un ami en sortie le dimanche par exemple pourrait permettre un sentiment de gratification considérant que c’est un jour off, nous sommes confortable sur notre sofa et c’est un jour en moins pour dépenser de l’argent ;
En fait, c’est la perception et les pensées qui y sont liées qu’il faut contrôler pour ne pas tomber dans le piège de l’idéal et de l’image fabriquée que nous reçevons, oubliant que ces personnes pleurent aussi, ont des problèmes et passent par des jours de solitude, de stress et de rechute, mais ne « postent » pas ceci.

Considérons la frustration, comparaison ou même dépression qu’on pourrait expérimenter un signal alarmant, nous rappelant de se décrocher des réseaux sociaux pour un certain temps ; peut-être de cette façon nous gagnerons cette énergie pour la dépenser sur la personne se reflétant dans le cadre du cellulaire éteint.

 

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